La passion des chevaux
Le village d’Haudrecy partage son histoire avec celle des chevaux depuis de nombreuses années. Tout d’abord par son origine agricole, le cheval était au côté de l’homme pour travailler la terre. Il servait d’outil de travail en participant au labourage, en tirant les chariots de foin…Chaque ferme possédait plusieurs chevaux selon la taille de l’exploitation. Le moulin à couleurs utilisait également des chevaux pour aller chercher à la gare de Tournes la terre provenant de Bar Le Duc, de la Belgique… ou pour livrer ses produits finis. La brosserie située place de l’église utilisait un véhicule appelé camion attelé par un cheval. Alfred LAPIERRE faisait du transport de bois à la demande. Il allait chercher les parts de bois dans les bois de Renwez jusqu’aux Vieilles Forges. Pour cela il utilisait trois chevaux et ceci, jusqu’à l’arrivée des tracteurs au village qui remplacèrent progressivement les chevaux. Ainsi, le village comptait 50 chevaux en 1950 et 20 chevaux en 1958. Le premier tracteur arriva au village en 1950. C’était un Motostandard Farmax. Avant l’ère de l’automobile, le cheval était aussi un moyen de transport des personnes. Par conséquent, les chevaux faisaient partie du village, de son animation. Le métier de maréchal ferrant trouva naturellement sa place au village. Jean Baptiste JOSEPH occupait cette fonction en 1736, et le métier se transmit dans la famille de génération en génération. Puis ce fut le cas de Félicien ROUSSEAUX vers 1885. Sa maréchalerie était située en face de la mairie.
Enfin, lors de la guerre de 1914, l’armée allemande utilisa la prairie comme lieu de repos pour les chevaux provenant du front.
D’autre part, des hommes ont développé cette relation "homme-cheval" du fait de leur passion pour cet animal. Georges PARIS, né en 1889 à Haudrecy, était agriculteur mais aussi éleveur de chevaux. Il était d’ailleurs en contact avec des éleveurs de Normandie.
Il communiqua peut-être sa passion à Henri BAUDOIN qui fut aussi un grand passionné de chevaux. Ce dernier fut agriculteur et partagea toute sa vie avec les chevaux. Il était bien connu au village sous le nom de "Grand-père BAUDOIN", surnom donné par les jeunes générations. La porte toujours ouverte, il accueillait les bras ouverts celui qui franchissait son seuil. La plupart venaient voir ses chevaux : des poneys, des doubles poneys, des chevaux…Fréjus l’imposant étalon noir, Vaillant un cheval marron qui avait le vice de se coucher dans l’eau du gué avec son cavalier… Il proposait de les monter, et cela se savait. Il y avait toujours un cheval de disponible pour monter.
Ainsi naturellement, par le biais du cheval, le "Grand père BAUDOIN" avait réussi à faire découvrir et transmettre sa passion du cheval aux plus jeunes. Ceux qui ne savaient pas monter allaient apprendre et vivre des moments inoubliables. Le "Grand père BAUDOIN" avait sa propre méthode, un peu rude diront certains mais elle plaisait bien aux gamins. Les jeunes participaient aussi au dressage des chevaux derrière la remise noire, dans l’enclos des chèvres. Pendant des années, des jeunes de Tournes, de Belval et d’autres villages sont venus monter les chevaux du "Grand-père BAUDOIN" pour le plaisir. Pendant des années, ce fut le loisir principal des gamins du village. A la sortie de l’école, ils se débarrassaient rapidement du cartable pour se précipiter dans l’écurie du "Grand père BAUDOIN". Il faut dire qu’il y avait toujours quelque chose à faire : brosser les chevaux, entretenir le matériel…afin de pouvoir monter la prochaine fois. Le "Grand père BAUDOIN" avait aussi sa méthode pour sanctionner les bêtises : la corvée de graisse. Il s’agissait de graisser les selles avec de l’huile de pied de bœuf. Cela calmait les esprits pendant un certain temps.
Les jeunes du village participèrent à des randonnées d’une journée ou de plusieurs jours, notamment à Bouillon, à Montmedy en 1981, à Eteignières en 1995, au travers des bois de Renwez et, jusque dans la vallée de la Meuse. La randonnée de Laifour était sur deux jours à travers les bois de Nouzonville,
puis en suivant le chemin de halage qui longe la Meuse. C’était un moment d’évasion pour tout le monde, y compris pour les chevaux qui découvraient et foulaient avec leurs sabots des sols nouveaux. Les cavaliers dormaient la nuit dans une grange et les chevaux étaient regroupés dans une pâture. Un peu enivrés de cette sortie, ils partaient en bande et traversaient la pâture dans tous les sens, tels des chevaux sauvages. Au petit matin, les cavaliers devaient reprendre leur monture pour la seller et là s’opérait un petit jeu qui pouvait durer longtemps, longtemps…Les chevaux étaient paisibles, regroupés. Ils laissaient approcher le cavalier. Arrivé à quelques pas de sa monture, le cheval gonflait ses naseaux, s’ébrouant. Il lâchait une grande expiration et démarrait par une grande accélération à la manière des chevaux sauvages, déclenchant un départ collectif. Les chevaux partaient tous ensemble comme une balle à l’autre bout de la pâture. Le cavalier devait alors recommencer son approche calmement.
Les jeunes participèrent également plusieurs années à la randonnée de Rocquigny, notamment en 1984, 1986 et 1987. Ce village organisait la fête du cheval sur trois à quatre jours. Il s’agissait d’un gros rassemblement. Des cavaliers de plusieurs villages se rencontraient en ce lieu pour participer à des jeux équestres. Les cavaliers d’Haudrecy avaient revêtu à cette occasion un tee-shirt blanc portant l’inscription : l’équipe à riper le soleil. Durant la rencontre, les cavaliers dormaient dans des granges. D’ailleurs un cavalier d’Haudrecy perdit ses lunettes dans le foin. La rencontre se terminait par un défilé aux flambeaux.
Dans les années 1970, le besoin de disposer d’une salle des fêtes s’imposa. Il fut décidé que cette salle serait financée sans faire appel à un emprunt. Par conséquent, des bénévoles du village et des environs se mobilisèrent et organisèrent des kermesses et des courses de chevaux. Le garage PIERQUIN de Cliron avait fabriqué un manège pour attacher des poneys avec des tubes en fer. Le manège était utilisé à la fête du village mais aussi lors des kermesses. Ce manège remporta un très grand succès auprès des enfants. Georges MATHIEU était un passionné de chevaux. Il entraînait deux chevaux pour les courses de La Capelle. A cet effet, il avait aménagé une piste à l’entrée du village, dans la prairie. Les courses de chevaux avaient déjà dans la prairie avant son aménagement. Mais elles se déroulaient de l’autre côté vers Ham Les Moines. Par la suite, sa piste fut utilisée pour organiser les courses de chevaux. Il y avait une course dans l’année. La date variait en fonction de la disponibilité de la prairie et des conditions climatiques car des pluies abondantes pouvaient inonder la prairie et la rendre impraticable. En 1975, la course eut lieu à Haudrecy en septembre. En 1976, elle eut lieu en juillet et, elle se déroula fin septembre en 1979. D’autre part, d’autres communes comme Launois-Sur-Vence, Cheveuses ou Hannogne Saint Martin organisaient également une course chacune à leur tour. Le village connaissait déjà des jours d’effervescence à l’approche de la date. Les bénévoles participaient
L’image du village d’Haudrecy associée à celle du cheval était bien encrée dans les esprits. Lors des mariages, il n’était pas rare que les jeunes mariés défilent dans un attelage ou un sulky. Les cavaliers participant à des randonnées faisaient une halte pour une ou plusieurs nuits dans une ferme d’Haudrecy. Ces cavaliers de passage trouvaient ainsi un abri et les chevaux pouvaient se reposer et disposer de tous les soins nécessaires. Le lendemain, ils reprenaient leur chemin. A l’époque, cette formule d’hébergement à la ferme était une aubaine car le principe du gîte n’existait pas. Ces randonneurs venaient d’horizons différents : Sedan, Signy l’Abbaye,… ainsi deux parisiennes un peu égarées, avaient fait la veille un arrêt d’une nuit dans un vieux cabanon inconfortable perdu au milieu de la campagne ardennaise. L’accueil à la ferme de Pierre et Jacqueline BAUDOIN fut un grand soulagement pour les deux cavalières qui avaient eu une nuit difficile. Ces visiteurs ne manquaient pas d’attirer l’attention des enfants, et de créer une ambiance particulière. Ces cavaliers inconnus ce comptaient parfois à la dizaine. Les sabots résonnaient sur la route à vous donner des frissons. Certains d’entre eux portaient de longs manteaux, un chapeau et des bottes remarquables. Ces mystérieux cavaliers passaient certainement pour de lointains cow-boy dans leur petite tête bouillonnante d’imagination. Assez pour s’inventer des histoires pour la journée. Et pour les plus grands, l’envie de faire un jour aussi une randonnée. En 2004, trois cavalières, une femme avec ses deux filles ont séjourné deux jours au bord du gué pour faire une halte avec les chevaux. Elles campaient et, étaient accompagnées d’une mule pour porter leur équipement. Elles venaient d’Espagne, et se dirigeaient vers leur domicile près de Nafraiture en Belgique. Elles envisageaient encore trois semaines pour atteindre Nafraiture.
De nos jours, le cheval est toujours associé au village. Des particuliers ont encore des chevaux. Un habitant utilise un attelage et effectue régulièrement des sorties. Son passage est souvent marqué d’étonnement et d’admiration pour cet équipage inhabituel. A nouveau, les enfants sont intrigués et regardent avec attention.
Enfin, nous avons toujours au village un maréchal ferrant ; Luc TOUSSAINT qui exerce son métier un peu différemment car celui-ci a évolué. Auparavant, les chevaux qui avaient besoin des services du maréchal ferrant, étaient conduits à la maréchalerie du lieu. Actuellement, c’est le contraire puisque le maréchal ferrant se déplace à la demande à domicile.
Le Moulin Lapierre qui avait cessé son activité en 1914, retrouve un second souffle en proposant un gîte qui peut accueillir en plus des cavaliers de passage. Les chevaux baroudeurs sont donc entre de bonnes mains puisque, notre maréchal ferrant a élu domicile au dit moulin à farine. Outre les chevaux de passage, le Moulin héberge les chevaux et poneys de la famille TOUSSAINT qui vient d’accueillir au mois d’avril, Margotte, une jument de trait ardennaise. Margotte se destine aux promenades attelées. Avril 2009
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chacun à leur manière : installer la buvette, les barrières de sécurité… et notamment s’occuper de l’accueil des cavaliers. Certains cavaliers arrivaient en effet la veille de la course avec leurs chevaux. Ils étaient hébergés dans une ferme du village. Les cavaliers dormaient dans la grange. Un grand feu de bois les attendait dans la cour pour les repas. La ferme était encombrée de toute part de selles et d’équipements entreposés provisoirement par leur propriétaire. Un programme appelé "hippoprogramme"était distribué à cette occasion mentionnant le nombre de courses prévues, les noms des participants et, les noms des chevaux ; Monseigneur, Fréjus, Gelinotte, Flambeau, Tonnerre, Cadet, Eclair, Fée de Barbon, Fend la Bise, Princesse, Bijou, Une de Mai, Poly… Des commentaires concernant les prochaines courses accompagnaient ce programme. Celui de 1975 annonçait 7 courses avec 17 participants d’inscrits pour la 3ème course. Les courses étaient ouvertes à tous. Ainsi le plus jeune participant, Olivier BAUDOIN, avait cinq ans en 1978. Il montait un poney appelé Mirabelle. Le plus âgé des participants, Charles MERMOZ, avait 65 ans. Il montait Carolo en 1976. Ces courses furent rapidement un grand succès qui attira la foule. C’était devenu l’évènement tant attendu, car la course de chevaux était présentée comme un spectacle. C’était pour certains une distraction et pour d’autres un moment sportif. Il faut dire que chacun pouvait participer et espérer gagner la course avec son cheval, et à défaut d’avoir une monture, il était toujours possible de monter un cheval du "grand-père BAUDOIN". Enfin, parfois pour clore le spectacle, les ânes entraient en scène. C’était le bouquet final car des courses d’ânes étaient organisées pour les débutants dans le seul but d’amuser tout le monde. L’inscription était libre, et ne manquait pas de candidats voulant relever le défi de faire avancer son âne. Cinq à six ânes participaient à cette course. C’était dans ces moments là que les spectateurs étaient les plus nombreux et pouvaient apprécier le savoir faire de ces cavaliers. Patience, ruse et chance, étaient les principaux ingrédients de la réussite avec les ânes car faire avancer un âne était tout un art. Les idées ne manquaient pas car la piste fut aménagée aussi pour accueillir une course de chevaux de trait. Les chevaux tiraient un poids. Des courses de sulky furent aussi organisées par les bénévoles.
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